Je suis Allemand

Le lieu de départ de mon imagination, cette solitude face à une absence et une mémoire que je ne pouvais pas nommer, a été dès l’enfance l’Europe de la “guerre totale”. Après, ce vide est devenu disparition et cette disparition a eu un nom. Un nom double : le génocide des Juifs européens et l’absence des « miens ». Je suis Allemand. C’est un debut de vie comme une fin. Un arrêt sur l’image. Ceci peut expliquer l’art que l’on fait pour vivre, mais aussi ce qu’a fait l’Europe détruite, pétrifiée pour survivre. L’Europe, qui est devenu avec le temps pour moi ce lieu partagé qui ne parle pas d’une seule voix. Le lieu des « miens ». Jochen Gerz